Discours du Président de la République SE Paul BIYA à Nyabizan

Discours du Président de la République SE Paul BIYA à Nyabizan

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, 
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, 
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, 
Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques, 
Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales, 
Monsieur le Gouverneur de la région du Sud, 
Monsieur le Préfet du département de la Vallée du Ntem, 
Monsieur le Sous-préfet de l’arrondissement de Ma’an, 
Monsieur le Maire de la commune de Ma’an, 
Honorables Députés de l’Assemblée Nationale, 
Autorités politiques, traditionnelles et religieuses, 
Elites et populations de la région du Sud, 
Distingués Invités, 
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier Monsieur le Maire de la commune 
de Ma’an pour les propos aimables qu’il a prononcés à mon endroit. 

Qu’il me soit également permis de faire part de ma profonde gratitude 
aux dynamiques populations de la région du Sud, et plus particulièrement de 
Nyabizan, pour l’accueil chaleureux qu’elles ont bien voulu me réserver à 
mon arrivée ici. 

Mes remerciements vont aussi aux hautes personnalités qui ont bien 
voulu honorer de leur présence cette cérémonie. 

Mesdames, Messieurs, 

Au cours des dernières années, j’ai eu bien souvent l’occasion de vous 
dire que l’accès à l’énergie était un enjeu majeur pour notre pays. Et j’ai aussi 
souvent déploré que les projets de cet ordre que nous avions étudiés et mis 
au point n’aient pu voir le jour. 

J’en ai mesuré les conséquences. 

Sans énergie en effet il ne peut y avoir de développement véritable. Il 
ne peut y avoir d’industrie. Il ne peut y avoir de transformation de nos 
matières premières agricoles ou minérales. Bref, il ne peut y avoir 
d’économie moderne. 

Le déficit d’énergie a lourdement pénalisé notre secteur industriel, mais 
aussi notre secteur tertiaire très dépendant de la fourniture d’électricité. 

La pénurie d’électricité a eu également pour conséquence de rendre 
insupportable la vie quotidienne d’une grande partie de notre population. 
Mais les délestages, parfois prolongés, ont également perturbé le 
fonctionnement de l’administration, des services sociaux, tels que les 
hôpitaux, et même des organismes de sécurité. Quand ils n’ont pas provoqué 
des pertes en vies humaines et des dégâts matériels. 

Certes, ces interruptions de courant électrique n’ont hélas pas disparu 
mais l’espoir apparaît enfin de doter notre pays d’une fourniture d’énergie à la 
mesure de ses besoins. 
En attendant d’équiper la plupart de nos cours d’eau d’infrastructures 
hydro-électriques – la meilleure solution parce que pérenne et moins 
coûteuse à long terme – nous avons eu recours aux centrales thermiques qui 
ont permis de répondre partiellement aux besoins les plus urgents. 

Aujourd’hui, c’est une nouvelle phase de notre développement hydro-électrique qui commence ou plutôt qui recommence, car je n’oublie pas 
l’apport inestimable des centrales d’Edéa, de Song-Loulou et de Lagdo. 

Distingués Invités, 
Mesdames, Messieurs, 

J’avais annoncé dans mon message à la Nation, le 31 décembre 
dernier, que nous poserions prochainement la première pierre de 
l’aménagement hydro-électrique de Memve’ele. 

Eh bien, nous y voici effectivement. 

Dans quelques années, on pourra voir ici se dresser un barrage 
alimentant une centrale d’environ 200 mégawatts, qui permettra de renforcer 
en énergie le réseau interconnecté-sud et d’approvisionner le futur complexe 
industriel et portuaire de Kribi, la région du Sud et peut-être nos voisins, s’ils 
en expriment le désir. Il va de soi que l’on peut également en attendre des 
retombées en matière d’emploi, d’infrastructures de communications (par 
exemple le bitumage de la route jusqu’à Nyabizan) et de développement de 
l’économie locale. 

Et ceci n’est qu’un début. Dans les prochains mois, les travaux de 
construction des barrages et des centrales de Lom Pangar et de Mekin 
seront lancés, tandis que les études complémentaires pour les barrages 
hydro-électriques de Warak et de Mentchum seront entreprises. Ceci en 
attendant la réalisation complète de l’aménagement hydro-électrique de la 
Sanaga. 

Chers compatriotes, 

Vous le voyez, la politique des « grandes réalisations » se met 
progressivement en mouvement. Il s’agit aujourd’hui de l’énergie. Demain, 
c’est le secteur minier qui s’animera. Et puis, l’agriculture qui fera sa 
révolution silencieuse. Les autres secteurs suivront. Notre économie sera 
alors sur la voie de l’émergence. 

Il faudra pour cela que chacune et chacun d’entre nous apporte son 
énergie c’est le cas de le dire, son enthousiasme et son patriotisme. 

Je souhaiterais en terminant rendre hommage aux excellentes relations 
d’amitié et de coopération que notre pays entretient avec la République 
Populaire de Chine, relations grâce auxquelles la réalisation du grand projet 
que nous avons lancé aujourd’hui, a été rendue possible. C’est le lieu pour 
moi d’exprimer la reconnaissance du peuple camerounais au peuple chinois 
ami, à travers son Ambassadeur ici présent, pour l’appui constant et 
multiforme que la Chine apporte à notre pays. 

Je vous remercie de votre aimable attention.