Pose de la première pierre, le barrage de Memve'ele entre en phase de réalisation

« Nous y voici effectivement » La pose de la première pierre du barrage hydroélectrique de Memve’ele par le président de la République S.E Paul Biya le 15 juin dernier donne un signal fort à la politique des Grandes rélisations.

Un parterre de hautes personnalités de la République ont pris part à cette cérmonie. Parmi elles, le président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguie Djibril, plusieurs membres du gouvernement, des ambassadeurs dont celui de Chine et des invités spéciaux, des autorités administratives, politiques, municipales, religieuses et traditionnelles, sans oublier les élites et les populations de la région du Sud et particulièrement de Nyabizan.

L’accès à l’énergie est un enjeu majeur, a relevé une fois de plus le président Paul Biya. Et de déplorer, sans ambages, que les projets y relatifs n’aient pu voir le jour, entraînant des conséquences déplorables. Car sans énergie, pas de véritable développement, pas d’économie moderne. Le déficit énergétique, note-t-il, a pénalisé le secteur industriel et tertiaire. Il a rendu insupportable la vie quotidienne, perturbé les administrations, entraîné des dégâts matériels importants. Pour parer aux besoins urgents en énergie, le Cameroun a recours aux centrales thermiques, sans oublier les barrages qui fonctionnent comme Song Loulou, Lagdo et Edéa. Avec le coup d’envoi des travaux de construction du barrage hydro-électrique de Memve’ele, l’espoir apparaît enfin. Ce barrage alimentera non seulement la région du Sud mais aussi les pays voisins s’ils en font la demande. Il aura des retombées sociales notamment l’emploi. C’est aussi le coup d’envoi des nouveaux chantiers hydro-électriques.

Dans les prochains mois, annonce Paul Biya, seront lancés les travaux de Lom-Pangar et de Mekin, des études pour les barrages de Menchum et de Warak, sans oublier l’aménagement hydro-électrique de la Sanaga. La politique des Grandes Réalisations est donc en mouvement. Aujourd’hui l’énergie, demain le secteur minier et l’agriculture. Et d’appeler tous et chacun à apporter sa pierre pour le succès escompté. Paul Biya n’a pas manqué de rendre hommage à la coopération avec la Chine grâce à laquelle se concrétise le projet de Memve’ele.
Il voit devant, il voit derrière
Trois allocutions ont été prononcées avant le discours présidentiel. Le maire de Ma’an, Samson Ndongo Ella, porte-parole pour la circonstance des populations du Sud, a chaleureusement souhaité la bienvenue à l’illustre hôte qui est chez lui à Nyabizan. Après avoir expliqué que Memve’ele, lieu mythique était prédestiné pour accueillir de grandes infrastructures, il a présenté quelques doléances : le bitumage de la route Nyabizan-Campo-Ma’an ; la couverture radio-TV de la zone ; la création d’une université d’Etat à Ebolowa. Ensuite, au nom des élites de la région du Sud, Mve Elemva Emmanuel a promis leur soutien total à la politique des Grandes Réalisations. Enfin, le ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, a présenté le projet technique et les perspectives du programme énergétique national. Les travaux de Memve’ele dureront 54 mois mais les premières turbines tourneront dans 36 mois.

C’est au son et au rythme de la musique de la forêt que le conseil régional des chefs traditionnels du Sud est venu offrir un cadeau au président Paul Biya, sous la conduite de Abessolo Evina Esaïe, chef du canton Mvaï-Ouest. Une sculpture en bois symbolisant « Nnom Ngui », titre traditionnel donné au chef de l’Etat lors du comice agropastoral d’Ebolowa. Il a le soleil au front et la lune à la nuque : il voit partout, devant et derrière et est vigilant. Il porte le tam-tam en bandoulière, communique, mobilise et conduit le peuple. Il se déplace dans le monde des vivants et celui des morts. Il a une tresse sous le menton et pose les pieds sur un tapis en peau de léopard, d’où la plénitude du bonheur, de la paix et de la concorde. Il représente un homme au-delà de la finitude humaine. Un casque colonial et un masque en bois lui ont été aussi offerts. La dernière phase de la cérémonie s’est déroulée en quatre actes : la pose proprement dite de la première pierre par le président Paul Biya en compagnie de l’ambassadeur de Chine au Cameroun, la découverte de la plaque commémorative, la présentation de la maquette et enfin le vin d’honneur. Le président Paul Biya a aussitôt quitté la place des cérémonies pour se rendre à Ebolowa à bord d’un hélicoptère. Le lendemain en mi-journée, à la sortie du chef-lieu de la région du Sud, le chef de l’Etat a dit au revoir à ses hôtes au cours d’une cérémonie dédiée