Accelération de la mise en oeuvre du Pasem

Le coordonnateur du PASEM et ses collaborateurs font les derniers réglages de la cérémonie que de nombreux bénéficiaires et des curieux attendent déjà. Sur l’esplanade du bureau du PASEM, des groupes d’animations sont déjà tout en liesse. Ce sont les balafons de Zoétéle, localité située à 2km de Ma’an qui trônent en son.

Bientôt, les autorités prendront place pour débuter la fête que les gens de Ma’an ont programmée quelques semaines auparavant. La mise en place est terminée. L’on peut voir le matériel disposé dans la cour :

moulins à écraser, atomiseurs, portestout, brouettes, bottes, machettes, râteaux, sacs de fongicides, etc. Cela

fait beaucoup d’envieux désormais, surtout que les bénéficiaires, les élus du jour ne se cachent pas, ils vont même admirer le matériel de près, si proche que les responsables du PASEM sont obligés de les freiner dans leur élan.

La partie protocolaire est ponctuée par l’allocution de Robert Ba’ana Sapouma, coordonnateur du PASEM et le discours de Monsieur le sous-préfet qui tient fermement à lever l’équivoque qui s’était glissé dans la cérémonie sous la forme de rumeur. En effet, il se disait que ce matériel a été acheté par les Sénateurs de la Vallée du Ntem pour être rétrocédé aux populations. Que non, l’a martelé le sous-préfet qui a aussitôt procédé à la remise symbolique des différents appuis du PASEM aux heureux bénéficiaires. Plus d’une vingtaine d’organisations paysannes sont représentées à cette cérémonie et reçoivent avec grande joie les dons du PASEM. Selon l’orientation de leurs activités s’étendant à l’élevage des porcs et des poulets, à la culture des maraîchers et des spéculations pérennes comme le cacaoyer. A Campo, une cérémonie similaire s’est tenue le surlendemain, sous la présidence de Monsieur le sous-préfet de cet arrondissement accompagné de l’équipe du PASEM dont son coordonnateur. C’est donc le PASEM en mode opérationnel qui se déploie progressivement sur le terrain après sa nouvelle configuration qui lui octroie désormais une autonomie financière effective, et partant, plus de coudées franches encore.

Au grand bonheur des populations de Campo-Ma’an qui escomptent davantage d’appuis de ce PASEM.

Il s’agit de donner une réponse efficace pour les populations riveraines, suite à l’aménagement hydroélectrique de Memve’ele. Pour Ba’ana Sapouma, coordonnateur du PASEM, il est question de donner une orientation stratégique pour la bonne exécution du programme d’accompagnement socio-économique de

Memve’ele. C’est un contexte d’exception parce que les missions du programme qu’il coordonne font de celui-ci, un programme de développement rural intégré. Et ce programme aurait pu démarrer bien avant le début de l’aménagement hydroélectrique, ce qui n’a pas été fait depuis 2012, début des travaux. A ce jour, l’urgence de la mise en œuvre de cet accompagnement est une nécessité car, les populations qui ont été délogées perdant leurs biens doivent se reconvertir.

Avec le budget de 1.5 milliards de FCFA prévu pour l’accompagnement des riverains, seuls 500 millions de FCFA ont pu être débloqués pour la cause jusque-là.

Ce qui plombe les opérations du fait des difficultés de décaissement qui créent des contingences que le comité de pilotage s’est attelé à examiner durant la session. Il ressort des travaux qu’il faut des projets prioritaires à résultats rapides, avec des puits d’eau à construire et à réhabiliter. Ce sont des populations rurales qui pour la plupart tirent leurs revenus à partir de l’agriculture, il est important selon le coordonnateur du programme de mettre à leur disposition des intrants et d’autres matériels agricoles. Pour Félix Nguélé Nguélé, Gouverneur de la région du Sud et président de ce comité de pilotage, c’est un plaidoyer pour que les procédures soient suffisamment allégées. Il est maintenant question d’être opérationnel pour que les impacts du PASEM soient pertinents et visibles sur le terrain. C’est-à-dire, susciter l’accroissement de la production locale, améliorer les infrastructures à la base comme les hôpitaux par exemple.

A cet effet, il est question de capaciter les riverains impactés par le projet de cet aménagement hydroélectrique, pour l’amélioration de leur bien-être. Que l’exemple du passage du pipeline, là où les populations sont restées sans effet visible ne soit pas repris avec Memve’ele. Le PASEM doit les accompagner à

bénéficier des retombées du projet. Pour cela, des intrants agricoles d’un montant de 40 millions de FCFA ont été remis aux populations de Ma’an et ceux de Campo représentées par leurs élus locaux à la cérémonie. C’est un premier pas, déclare le coordonnateur du PASEM dans le cadre des activités prévues. Il faut reconnaitre que 92 villages sont concernés par cet accompagnement et doivent sentir la présence du PASEM à leur côté. Ces équipements agricoles seront remis aux organisations paysannes identifiées, qui sont qualifiées d’organisations pilotes.

Pour le maire de Campo, il s’agit d’une dotation faite à ses administrés pour une reconversion. Ils sont appelés à intensifier les activités agropastorales, ce qui réinstallera l’espoir en eux par rapport à ce qu’ils ont perdu suite à cet aménagement hydroélectrique. Il faut noter que le paquet était constitué des pulvérisateurs, des atomiseurs, des pousses pousses, des machettes, des sacs de fertilisants, des moulins et bien d’autres petits outillages agricoles nécessaires pour l’activité agropastorale.