Les membres de la cellule apprécient l’état d’avancement des travaux

Au constat, la grande forêt luxuriante de Nyabizan n’est plus qu’un vaste chantier, où le vrombissement des moteurs en action vous est servi au quotidien. Trois réponses à trois questions, et l’on a pu apprécier le niveau d’exécution des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Memve’ele.
Au final, on s’accorde à dire que les travaux connaissent, depuis leur démarrage effectif le 3 janvier 2013, des avancées significatives. D’où la satisfaction affichée par les membres de la Cellule d’appui à la maîtrise d’ouvrage du projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele, présents sur le site le 15 janvier dernier, accompagnés du directeur du Projet, Dr Dieudonné Bisso. 

Etat d’avancement des travaux
Lorsqu’on arrive à Nyabizan, on a la certitude que rien ou pas grand-chose n’a changé. Le petit village a certes vu sa population augmenter, mais il semble garder le visage de bourgade forestière. Il faut donc traverser le Ntem sur un pont flottant mis sur pied à l’effet de permettre une traversée rapide des engins et du matériel de génie civil, pour comprendre déjà qu’ici, on travaille. Que l’impression de tout à l’heure n’est pas à l’image de ce vieux bac à l’arrêt que regrettent les nostalgiques. Le signe de main du vigile vous souhaite tout simplement la bienvenue dans un gigantesque chantier. En effet, au coeur de cette luxuriante forêt, entre les divers bras du Ntem aux eaux noires et profondes, Chinois et Camerounais font montre d’un savoir faire de génie. Il faut pratiquement une heure pour faire le tour du chantier sans arrêt. On comprend qu’une visite, avec explications des ingénieurs du maître d’ouvrage, Projet Memve’ele, du maître d’oeuvre, Coyne & Bellier/Isl, et de l’entreprise de construction SinoHydro, il y a un parcours de quatre heures à tenir. On repart de là, convaincu avec le responsable technique du Projet, que « les travaux réalisés depuis un an sont considérables ». Ainsi, la digue principale, ouvrage primordial pour le barrage d’une longueur de 1850 m, a vu ses fondations terminées. Dans sont ensemble, les experts évaluent son taux de réalisation à 10%. Car, l’ouvrage nécessite des travaux préalables qui imposent que soit harmonisée la surface de base sur une roche souterraine fortement fissurée. Les travaux vont se poursuivre par la pose progressive des ses composantes essentielles qui en feront, au terme des travaux, un énorme batardeau au sommet duquel une route bitumée sera construite. Et ce n’est pas tout : les prises d’eau, appelées ici « évacuateur de crues », connaissent leur mise en œuvre progressive. Et non loin, d’autres ouvriers, chinois et camerounais, construisent le canal d’amener. C’est un ouvrage dont le rôle sera de capter l’eau du Ntem par l’évacuateur de crue principal situé à
l’entrée et conduire cette eau vers la Centrale elle-même. Ce canal est si grand qu’on en vient à comprendre qu’un débit de 450 m3/seconde doit être régulé ici quelque soit la saison. Ce canal est réalisé à 35%. Et nous voici à la centrale proprement dite. Les travaux d’excavation se poursuivent. Une autre immense, aux parois dont les aménagements ont commencé, est aujourd’hui à une profondeur de 60 m. Or, il faut aller à 80 m, afin de permettre que les turbines, quatre au total, qui seront installées ici, reçoivent bien le flux d’eau sortant du canal d’amenée, avant leur remise dans le fleuve. La ligne d’évacuation, longue de 285 km, parce qu’elle part de Nyabizan à Yaoundé, seul poste d’interconnexion capable de gérer un tel flux d’énergie, elle fait 225 Kilovolts dans les prévisions, et à terme elle pourra passer à 400 mégawatts compte tenu de tous les projets annexes. Les financements se mettent en place et le timing sera défini en temps opportun. Interrogé sur l’état d’avancement global des travaux, Olinga Mintanga, Ingénieur général de génie civil et responsable technique du Projet, se risque à cet exercice difficile pour révéler qu’une estimation globale peut se porter à hauteur de 35%.
Le pari de tenir les délais
« Le timing d’exécution des travaux est bon », soutient Dr Dieudonné Bisso. Une donne que corrobore son collaborateur, responsable technique. Mais, on constate bien, que livrer le chantier à temps est le pari quotidien que s’évertue à relever tout acteur de la chaîne de construction de ce projet structurant. Tout laisse croire qu’avant même 2017, date d’entrée en fonctionnement maximal des quatre turbines, l’électricité sera déjà produite à Memve’ele. «Je peux vous assurer que la toute première turbine, c’est-à-dire la première production d’électricité, aura bel et bien lieu en 2016, un an en avance », rassure responsable technique. 2017, c’est la date prévue pour la mise en service de toutes les 4 turbines. La première turbine permettra d’ajuster les calculs pendant une bonne période d’essai, pour que tout fonctionne à merveille en 2017.
Des inévitables difficultés
Le barrage de Memve’ele est certainement le plus grand projet des grandes réalisations, parce que son coût est de l’ordre de 400 milliards de F.CFA à peu près. Pour un aussi important projet, les difficultés peuvent être multiformes. Lorsque sur le site du chantier, l’on n’a pas moins d’un millier de personnel, les difficultés sociales ne peuvent manquer : salaires, logement, alimentation, hygiène et assainissement… Mais, selon des sources biens imprégnées, la direction générale du chantier s’évertue à les résoudre, sous le prisme des lois et règlements de la République. Les difficultés financières, il y en a pas à proprement parler. Parce que le Cameroun a signé un accord de prêt avec la Chine. L’argent est disponible. Les aléas climatiques sont cependant un des facteurs défavorisant de l’avancée rapide des travaux. Le site du chantier étant situé dans une zone à très forte pluviométrie. Il pleut donc beaucoup plus, ce qui a quelque peu paralysé les travaux lors des terrassements. Sur le plan géologique, Memve’ele est à côté de deux failles sismiques, situation qui réserve d’énormes surprises. Les résultats des sondages préalables présentent des roches fracturées, des failles, des poches de sables à vider…ce sont des difficultés normales pour ce type de relief.